Ce billet est une réaction directe au billet consigné sur le blogue Montréal à moi publié le 14 Août dernier:Cher M. C merci de prendre le temps de partager vos opinions et la somme de vos recherches sur le passé trouble du jeune Dany Villanueva. Les idées et les faits relevés dans votre billet du 14 Août dernier constituent un excellent complément d’information qui permettra sans doute, dans l’attente des conclusions de l’enquête en cours, aux citoyens concernés et convaincus de la nature infaillible de l’Autorité de se faire leur propre idée sur les circonstances entourant la mort du jeune Fredy Villanueva.
Bien qu’articulé et fort documenté, votre discours comporte cependant plusieurs failles rhétoriques et une portée fort dangereuse; notamment en ce qui a trait à sa prétendue objectivité et la subjectivité que vous reprochez aux autres…
Vous dites ne pas vouloir vous prononcer à savoir s’il a eu bavure ou non et suggérez qu'à ce stade-ci nous poser cette question est impertinent alors que cette question est l'enjeu central de tout le débat entourant le décès du jeune montrélais. Pire encore vous semblez suggérer que quelle que soit la réponse à cette question la victime (ou tout de moins son frère, Danny) à mérité ce qui lui est arrivé... Et après vous osez traiter les médias de tenir un discours dangereux... votre projection l'est tout autant!.
Vouloir détourner le débat de la question centrale - a-t-il eu bavure ou non? - est une posture rhétorique subjective à souhait. Et vous, mieux que quiconque, devriez prêcher par l’exemple!
Je vous accorde que le frère, un délinquant notaire, était fautif, mais des doutes raisonnables me poussent à croire que la manière dont cette l’interpellation s’est déroulée l’était tout autant, sinon comment expliquer un bilan aussi désastreux…
Vous semblez également suggérer que seule la version des policiers saura nous éclairer sur les véritables circonstances entourant cette mort et plus encore insinuer que la parole des habitants de Montréal-Nord ainsi que celle des témoins directs de la scène n’a aucune valeur!
Croyez-vous vraiment qu’un policier ça été génétiquement modifié à l'académie de police pour ne pas mentir, plus mentir (car aux dernières nouvelles les policiers étaient encore des humains)? Sachez au contraire que c’est lorsqu’on a tout à perdre (carrière, respect, réputation) qu’on a toutes les raisons du monde pour transvestir les faits et les adapter à l’agenda de nos intérêts, surtout lorsqu’on sait pertinemment que notre version de ceux-ci aura préséance sur toutes les autres versions entendues…
En ne peut à ce stade conclure hors de tout doute que les policiers sous enquête mentirons, mais certes qu’ils puissent le faire reste une éventualité que vous n'évoquez tous simplement pas (et ça ça m'agace beaucoup...). Le but de ce billet, ainsi que celui de mon billet précédant n’est pas d’élever des suppositions en faits, mais seulement de soulever des doutes raisonnables.
Votre billet quant à lui cherche à détourner le débat sur le fait qu’on ait simplement tenté (et échoué selon moi) d’interpeller un criminel en flagrant délit (bris de condition) et que les médias sont pas assez objectifs lorsqu'ils soulèvent l'hypothèse d'une potentielle bavure. Ce qu’on retient ironiquement de votre traitement soi-disant objectif de l'information, c'est que vous semblez faire l’apologie du même discours tendancieux que vous reprochez tant aux médias sensationnalistes: soit de suggérer une certaine compréhension des faits pour servir les intérêts d’un certain agenda ou vision politique...
Donner sans confession le bénéfice du doute aux policiers et condamner les criminels sans appel; ça c'est dangereux, très dangereux!
L’Autorité peut faillir en luttant contre les maux qui gangrènent la Cité, faillir au point d'en devenir à son tour le cancer. Nous faisons des policiers les dépositaires d’une violence légitime. Il est de notre devoir de citoyen de nous assurer que ce pouvoir est utilisé à bon escient ou en payer les frais...
Vous dites qu’on met trop de pression sur les policiers, moi je dis et avec raison!
Que tous les policiers qui sont incapables de la gérer comme il se doit fassent autre chose.
Leur badge ne les dispense pas d’avoir des comptes à rendre; au contraire, ils sont d’autant plus redevables du simple fait qu’ils incarnent l’essence même des valeurs qui fondent nos sociétés démocratiques: égalité, justice, liberté d’expression.
Eux mieux que quiconque devraient prêcher par l'exemple...
Conclusion
Dans les médias l’incompétence peut être tendancieuse.
Dans la police l’incompétence peut être meurtrière.
« With great Power comes great Responsibility »; et je suis le premier à encenser le travail de tous les gardiens de l'ordre pesant le poids de ces mots et vivant l’exercice de leur fonctions activement engagés à la poursuite impérative de l’excellence.
Finalement, j'espère plus que quiconque qu'au bout de l'enquête en cours on apprendra que les policiers en cause auront brillé par leur excellence...

















